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L'histoire a commencé avec Louis Millet, cadet d'une famille d'agriculteurs auvergnats, qui part gagner sa vie à Paris dans les années 1920.
Après s'être essayé, sans succés, à la conduite d'un taxi, il se retrouve garçon de café.
Bientôt il souhaite posséder sa propre affaire. Direction Reims, où il acquiert un petit café de quartier, Le Tout Va Mieux, rue du Mont d'Arène.
Jeanne, sa femme, la
Parisienne (son père était cordonnier à Montreuil)
a vite compris que la clef d'un commerce prospère était l'emplacement.
Ils achètent donc en centre-ville, en 1930, le Café du Grand Théâtre, rebaptisé ensuite Café du Palais.
Avec ses deux billards Hénin, son buffet froid, ses escargots et ses huîtres, l'affaire tourne rond et attire déjà toute la société rémoise. Jeanne,
la grand-mère maternelle, trônait
alors derrière la caisse, régentant
son petit monde et son Louis de
mari.
Après la mort prématurée de Louis (due aux
suites du gazage dont il a été victime pendant la guerre de 14-18), Jeanne
dirige le café d'une main de fer.
Sa fille, Suzanne, qui a suivi les cours de
l'école ménagère, donne un coup de main à ses heures perdues. Un client la
remarque. C'est Robert Vogt, fils de pharmacien et futur époux de l'unique
fille Millet.
Robert deviendra enseignant au lycée de
Reims puis obtiendra, en guise de bâton de maréchal, le poste de surveillant
général au lycée Saint-Louis, à Paris. De leurs trois enfants - deux filles
bibliothécaires - seul Jean-Louis semble attiré par la restauration.
Le voilà durant trois ans à l'école
hôtelière à Paris - où il hante les caves de jazz - puis, en 1960, stagiaire
dans un palace à Londres.
Il y rencontre Annick, étudiante en
langues. Une Bretonne, fille de pharmacien.
Le jeune Jean-Louis, 20 ans, est adopté
sans réserve par la belle-famille. Plus difficile sera l'adaptation au Café du
Palais.
La grand-mère Jeanne était dure avec son
personnel, avec sa famille et avec elle-même.
Mais Jean-Louis tient bon. En 1965, Jeanne lui transmet enfin -
contre un certain pécule - l'entreprise familiale.
Entreprise qu'il va aménager petit à
petit, au gré de ses coups de cœur. Là le salon kitsch de la grand-mère
paternelle, ici les vieilles banquettes du Tout va mieux, ailleurs un portrait
du jazzy Daniel Humair, une aquarelle de Luc Simon, un dessin de Chagall et,
au plafond, un vitrail datant de 1928, du maître verrier Jacques Simon.
Au Café du Palais le travail en famille
n'a jamais été un vain mot depuis plus de soixante dix ans. Aujourd'hui, Annick
officie en cuisine et élabore les foies gras accompagnée de sa fille Isabelle,
préposée aux délices sucrés. Jean-François, le fils, ancien élève de l'école
Maxim's, à Paris, a rejoint le clan et est désormais le
nouveau gérant du Café du Palais.
Ainsi va la
famille Vogt ou son plaisir est de vous recevoir dans un endroit accueillant
chargé de mémoire.
L'histoire du vitrail de Jacques Simon :
En 1928, Jacques Simon, signe une
importante verrière. C'est la Belle époque, la mode est à l'Art Déco: motifs
stylisés et interprétation moderniste de la nature. Cette verrière est une
illustration traditionnelle de ce courant. Elle représente la voûte céleste.
Des oiseaux mauves y encadrent des nuages indigos aux rondeurs généreuses.
Aujourd'hui, certaines couleurs de ce ciel de vitraux sont introuvables.
Il se
trouvait auparavant en décor de plafond chez Jean Bassereau, bijoutier, rue de
Talleyrand. Lors de travaux d'agrandissement il a été soigneusement démonté et
rangé. En 1991, Jean Louis Vogt, décide de racheter la verrière à tout prix.
Malgré les propositions venues d'un peu partout en France, Jean Bassereau lui
céde, cette œuvre restera donc dans le patrimoine Rémois.
En outre depuis des décennies, une affection particulière lie la famille Vogt, en possession du Café du Palais depuis 1930, à la famille Simon. D'ailleurs, Benoît Marc, Petit fils du verrier a fait partager l'intimité de l'oeuvre à son nouveau propriétaire en lui offrant la gouache ayant servi d'étude pour sa réalisation.
Par ailleurs, Luc Simon, fils du célébre artiste, et peintre lui même, exposa au Café du Palais.
En attendant la verrière à un nouveau repaire. Elle a admirablement trouvé sa place dans cet univers où chaque chose a une histoire.
Des centaines d'objets sont exposés
évoquant les nombreuses manifestations qui se sont déroulés dans cette maison :
concerts de jazz, défilés de mode, projections de films.
L'Art Déco semble très bien s'accommoder de cet intérieur hétéroclite.
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